Les Aventures de B. Log

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B. Log et le journaliste de la RTBF à Werchter juillet 4, 2008

Classé dans : Aventures "à chaud" — B. Log @ 8:14

Une fois n’est pas coutume, hier soir, j’ai regardé le journal télévisé de la RTBF.
À la fin de l’émission, saison des festivals oblige, on retrouve Bruno Clément en direct de Werchter.
Le grand débat du festival, dixit la RTBF, c’est le prix du billet : 165 € pour les 3 jours. Mais après tout, dit Bruno Clément, aller voir un seul des artistes programmés coûte en moyenne 30 à 40 €. Etant donné que l’affiche compte pas moins de 60 groupes, finalement tout va bien, en allant à Werchter on RENTABILISE, on fait même des sacrés économies… Soit.

Pour expliquer cette hausse du prix du billet, Bruno Clément explique que les artistes demandent de plus en plus cher pour jouer à des festivals comme Werchter. Méchants artistes ! C’est pas gentil du tout ça ! Il fait état d’une augmentation de 500 %. Impressionnant, non ?

Bon, je sais bien, que pendant un journal télévisé d’une demi-heure, on n’a pas l’occasion de traiter de tout à fond. Mais quand même. Dire que ce sont les artistes qui demandent de plus en plus cher, c’est très très réducteur, non ? C’est faire l’impasse sur toute une problématique qui avait secoué le milieu des concerts, il y a quelques années quand Clear Channel avait débarqué sur le continent européen et plus particulièrement dans notre petit pays. À l’époque, beaucoup avaient pesté sur le fait que cette situation était quasiment monopolistique et que, en conséquence, le prix des billets de concert avait augmenté de manière exponentielle. On avait parlé que des petites salles, comme la Soundstation à Liège, qui refusaient de traiter avec le géant américain rencontrait de grandes difficultés…

La situation n’a pas changé d’un poil depuis lors. D’ailleurs, qui organise le Festival de Werchter ? Je vous le donne en mille : Live Nation… qui est une spin-off de Clear Channel.

Alors dire que le prix du billet c’est la faute aux artistes , bof, bof.

 

B. Log, l’oeuvre d’art et la mort juillet 3, 2008

Classé dans : Aventures sur papier — B. Log @ 10:16

Depuis quelques mois, les articles abondent sur des artistes qui, d’une façon ou d’une autre, mettent la mort en art. Il s’agit surtout de Gregor Schneider qui a le projet d’exposer un homme mourant au musée Haus Lange de Krefeld, en Allemagne et de Guillermo Vargas qui a secoué le monde de l’art contemporain (et celui de la protection animale) en exposant un chien agonisant.
Questionnement sur le corps ? Étape dans le travail consistant à repousser toujours et encore les limites de l’extrême, de ce qui est “exposable” ?
Ma grand-mère dirait en secouant la tête de gauche à droite et de droite à gauche d’un air désolé : “Mais où va-t-on ?”

Pour alimenter la réflexion, je vous propose un roman, que j’ai lu quelques jours avant que n’apparaissent les premiers articles sur le sujet. Le hasard fait bien les choses, isn’t it ?

Paru chez Actes Sud (je sais, je sais, la grosse majorité des romans que j’ai lus ont été édités chez Actes Sud, c’est grave, Docteur ?), il a pour titre : “Clara et la pénombre” et pour auteur José Carlos Somoza.
L’histoire se déroule dans un futur que l’on imagine proche mais la temporalité n’est pas définie clairement.
Dans ce futur, les tableaux et oeuvres d’art que nous connaissons sont complètement dépassés : ce sont des hommes et des femmes qui font figure de toile. Les artistes les peignent, définissent leur expression, leur posture… Ils sont entièrement redéfinis (dans le sens fort du terme) et deviennent oeuvre d’art. Comme tout bonne oeuvre d’art qui se respecte, ils sont alors exposés dans les musées, pour des expositions, dans des galeries et, bien évidemment, achetés et placés chez des particuliers.
L’auteur pousse l’idée encore un peu plus loin : non seulement, hommes et femmes, peuvent devenir tableaux, sculptures… mais ils peuvent également devenir des objets de décoration : lampe, table, chaise…
Dans ce contexte qui donne à réfléchir, on suit les traces d’une jeune femme, Clara, qui rêve d’être apprêtée par le plus grand artiste du moment. Parallèlement, une enquête est en cours sur le meurtre de plusieurs personnes qui font office de tableau. À moins qu’il ne s’agisse de la lacération de plusieurs oeuvres d’art… Chaque personnage aura son point de vue sur la chose : destruction de pièces artistiques ou assassinats.

Ce roman décrit un monde froid, glacial où il n’est pas de mise d’exprimer ses émotions. Elles sont présentes, palpables mais jamais communiquées. Le contrôle de soi est la norme, tout est rationnel et rationalisé. Cela créé inévitablement des tensions, les personnages étant perpétuellement au bord de la rupture.

Un roman qui donne à réfléchir sans vraiment proposer de réponses. (Le plus intéressant, c’est bien les questions, non ?) Il pousse à la réflexion sur différentes notions et concepts, et sur certaines dérives. Le Beau, le corps, le regard de l’Autre, la rationalisation poussée à l’extrême, l’individualisme, la liberté, une certaine forme de totalitarisme…

Un seul petit bémol : tous les actes des personnages sont expliqués en regard d’expériences vécues lors de l’enfance ou de la relation avec le père ou la mère. Je suis vraiment loin de partager cette vue psychanalytique des choses. On ne va pas se lancer dans le débat ici (c’est un sujet beaucoup trop vaste et complexe) mais, pour faire court, je trouve ça un peu réducteur de tout, tout, tout décortiquer de cette manière.

 

B. Log et Loney, Dear mai 23, 2008

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 3:50

Vous connaissez le proverbe : “au mois de mai, fais ce qu’il te plaît mais va au Nuits Bota” ?
Moi, je ne rigole pas avec les proverbes : j’obéis.
Finalement, je n’y serai allée que pour voir un seul groupe : Loney, Dear. L’album “Loney, Noir” m’avait vraiment beaucoup plu. J’en avais d’ailleurs parlé dans ce blog. Je m’étais donc dit qu’il fallait que je complète la découverte.
Première surprise à leur apparition sur scène : ou bien je me suis emmêlé les pinceaux entre des photos et des noms ou bien je m’étais fait une photo dans ma tête, mais il n’avait pas du tout le look auquel je m’attendais. Avec sa voix qui file avec aisance vers les aigus, je m’attendais à quelqu’un d’un peu fluet - genre poétique, maigrichon (mais je n’ai rien contre les maigrichons, ni contre les poètes). Et bien non ! Pas du tout.
On aurait plutôt dit un bûcheron qui débarque de sa forêt canadienne (je n’ai rien non plus contre les bûcherons qui débarquent de leur forêt canadienne) : bien bâti (comme dirait ma grand-mère), avec une belle chemise du même pays que les forêts (canadienne) et un figure ronde et joviale. C’était plutôt inattendu.
Mais bien évidemment, ils n’attendent pas que je sois remise de mes émotions pour commencer à jouer.
Oscillant entre bonne humeur joyeuse, naïve et contagieuse et douce mélancolie où on aime se lover certains soirs, les morceaux s’enchaînent. C’est qu’ils manoeuvrent très bien, les chansons sont très bien jouées, on se laisse prendre au jeu… C’est plus enlevé, plus dansant que l’album “Loney, Noir”. Beaucoup de gens dansent, il y en a même un qui est fou d’amour (si, si, ça se voit).

En même temps, j’ai toujours l’impression qu’ils sont à la limite de tomber dans le noeud-noeud (si, si ça s’écrit comme ça, même que je l’ai trouvé dans le dico), dans une joyeuseté un peu trop benête.
Mais je crois que je trouve ça plutôt chouette, ce jeu d’équilibriste.

Un concert bien sympa. Dommage qu’il pleuvait des cordes et qu’on n’a pas pu aller s’assoir sur les marches du Bota pour en discuter, de ça et d’autres choses en écoutant le concert qui se terminait sous le chapiteau.

 

B. Log et Portishead mai 23, 2008

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 3:20

Ben oui, mille excuses pour ces 6 mois d’absence. On ne va pas tourner autour du pot : c’était la folie ! Trop de travail, de trucs à faire, indescriptible…

Et là, tout doucement, je redécouvre le monde, et même, je vais à des concerts !

Pour celui-ci, j’ai hésité une demi-seconde : dans la balance, d’un côté, Portishead, dont les morceaux ont ponctué quelques grands moments de ma vie (je ne vous dirai pas déjà lesquels, on ne se connaît pas encore assez), de l’autre, Forest National que je déteste, que je hais. L’acoustique est immonde, la salle est glaciale, c’est de la grosse usine culturelle, bref, je m’étais juré de ne plus jamais, jamais, jamais y mettre les pieds !

Heureusement pour moi, le positif l’a emporté et je n’ai pas pu résister à l’envie de revoir Portishead en concert. Oui, oui, revoir. Je les avais vu au Pukkelpop à l’époque (c’était il y a très, très longtemps) et j’en garde un souvenir de rêve éveillé.

Il faut dire qu’ils étaient les derniers à passer d’une très, très longue journée… Très belle mais très longue. Un peu fourbue, je m’étais trouvé une place près de la table de l’ingénieur du son. Pendant tout le temps du concert, je suis restée scotchée à cette incroyable chanteuse qui fumait clopes sur clopes (rien qu’à la voir, j’attrapais la voix de Tom Waits) et dont la voix passait bien au-delà de nous, rendant muette toute la plaine du Pukkelpop. Impressionnante, dégageant une forte impression de solitude, superbe dans cette solitude, elle chantait accompagnée majestueusement par les autres instruments. Et cette basse qui, inlassablement, égrenait ses notes, imperturbable avec un son d’une rondeur et d’une lourdeur…
Un rêve éveillé je vous disais.

À Forest, j’étais un peu plus présente. Quoique.
Le premier groupe avait bien failli me faire fuir. Kling Klang : le nom dudit groupe. Pour les qualificatifs, on a hésité entre rock psyché et rock progressif sans progression. Franchement, ce n’était pas terrible… Et je suis gentille…
Et finalement, ils sont arrivés. Et Beth Gibbons ne fumait pas… Alternant habilement anciens et nouveaux morceaux (que je ne connaissais pas : je voulais découvrir l’album après le concert), je me suis sentie happée. Les nouveaux morceaux plus noise, plus nerveux faisaient la part belle à la guitare, à la batterie et aux percussions. Les anciens, plus lents, laissaient toute liberté à la voix et à la basse. Un bel équilibre.
Et toujours cette impression de solitude dégagée par Beth. Voûté, complètement repliée sur son micro, entièrement à son chant, elle est monumentale.
Pffff… Quel concert !
D’aucuns diront qu’il fut trop court (une heure). C’est vrai que j’aurais pu encore rester des heures à les écouter. En même temps quelle densité !

Le retour à la réalité fut difficile. C’est que j’aurais bien élu domicile dans leur univers…

 

B. Log et Loney, Dear, Nancy Huston et les autres octobre 5, 2007

Classé dans : Aventures sonores, Aventures sur papier, Aventures visuelles — B. Log @ 3:34

Petit tour d’horizon des petites choses magnifiques qui me sont tombées dans les mains ces derniers temps.

En musique, je cite en tout premier parce que j’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé : l’album “Loney, Noir” de Loney, Dear. J’avais bien aimé son autre album “Sologne” - j’en ai parlé dans ce blog je crois. Du coup, j’ai emprunté un autre album : “Loney, Noir”. Je l’ai trouvé fantastique avec son côté mystérieux, beaucoup mieux que l’autre. Quelle ambiance étrange, sombre (ben oui!) et tout en légèreté en même temps !!

Un autre album plus que remarquable : Anthony Joseph & The Spasm Band “Leggo de Lion”. Un CD Spoken-word qui a eu le “titre” de CD du mois à la Médiathèque. Quel groove ! Quelle tension ! Et tout ça avec des instruments qui restent en retrait par rapport à la voix. Très bien !

En musiques du monde, il faut pointer le très beau double disque de Didier François avec d’une part Gilles Chabenat (“Dans l’oubli du sommeil”) et d’autre part Gabriel Yacoub (“Brand New World”). On n’en trouve pas beaucoup de ces albums qui installent une telle ambiance, exhalent une telle personnalité, développent de telles émotions. Un grand disque.

En cinéma, j’ai vu “La Méthode” de Marcelo Pineyro. En une phrase ? Une démonstration brillante, sans concessions, de ce que le monde du travail peut exiger, des extrêmes auquel il pousse…

En littérature, deux romans à pointer, tous deux chez Actes Sud (décidément) : un ouvrage assez court de Nancy Huston “Instrument des ténèbres” et “Derniers verres”, écrit par Andrew McGahan.

J’avais dévoré “Professeurs de désespoir” de Nancy Huston, un livre où elle s’en prend à ces écrivains nihilistes qui ont eu et ont tant de succès. Un grand bol de joie de vivre !

“Instruments des ténèbres” est en deux volets : d’une part, il y a les réflexions existentielles - mais sans la connotation péjorative du mot - de la narratrice qui est en fait en train d’écrire un livre, on chemine pas à pas avec elle au fil de ses pensées; d’autre part, il y a l’histoire qu’elle écrit, c’est-à-dire, l’histoire, qui se déroule au Moyen-Age, de la vie de deux jumeaux séparés à leur naissance. Au début, je n’accrochais pas vraiment, les propos de l’écrivain m’énervaient un peu… Je les lisais avec impatience pour arriver au récit des jumeaux qui est d’emblée très prenant. Mais finalement, c’est un très beau livre sur l’incommunicabilité et la complexité des relations familiales, sur ces événements douloureux qui nous tourmentent pendant de longues années et conditionnent nombre de nos actes.

Enfin, il y a ce livre australien paru dans la nouvelle collection d’Actes Sud “Actes Noirs”. Vous l’aurez compris, cette nouvelle collection se consacre à un genre: le roman policier. Ce qui a de chouette, c’est qu’ils nous arrivent des quatre coins du monde, ces romans. Et c’est donc à chaque fois, une société, une culture qui se dévoilent au fil d’une enquête policière en général prenante. Le roman dont il est ici question s’intitule : “Derniers verres”. L’enquête policière, mais parfois on a le sentiment qu’elle passe au second plan, se déroule sur fond de province corrompue, de politiciens qui s’en mettent plein les poches, de passivité totale de la population. En même temps, c’est toute la vie d’un journaliste alcoolique qui défile sous nos yeux. Il se retrouve, un peu malgré lui, au coeur d’une affaire qui le dépasse complètement et qui réveille en lui bien des fantômes, notamment celui de la bouteille. D’où regrets, remises en question, aveu d’échec, espoirs, remords… Au-delà de l’enquête policière, c’est surtout ce personnage qui m’a fait aimé le livre. Car, au final, il s’agit de bien plus qu’un roman policier - sans vouloir être négative par rapport au roman policier, c’est un genre que j’adore -, c’est une vie qui s’offre dans toute sa nudité, férocement, sans aucune concession, ni compassion et, forcément, qui nous renvoie à nous-mêmes et nous fait réfléchir.

 

B. Log en Toscane septembre 14, 2007

Classé dans : Non classé — B. Log @ 4:01

Oui, oui. Je sais, ça fait un bout de temps. Mais j’ai une bonne raison : j’étais en vacances !

Mais non, pas pendant un mois… Juste pendant 15 jours. Vous savez ce que c’est : les retours de vacances, c’est l’horreur : on court partout pendant une ou deux semaines parce que tout le monde vous prépare des coups bas, ils se vengent d’avoir dû travailler pendant que vous étiez en train de vous la couler douce au soleil !

Le soleil ? Mais oui, cette grosse boule jaune qui fait mal aux yeux quand on la regarde, qui donne des coups de soleil et qui fait monter la température. Si, si, ça existe encore !

À part ça, la Toscane, c’est joli. C’est cher, c’est rempli de touristes, mais c’est vraiment joli.

Dans mon top 3 des villes où on se sent si bien qu’on pourrait passer la journée sur la terrasse de la place : Sienne, Lucca et Campiglia Marittima.

Sienne remporte la palme haut la main : qu’est-ce qu’on se sent bien à Sienne ! C’est très, très beau (perles architecturales, petites rues en pente où l’on n’arrête pas de se perdre, place superbe). L’ambiance est incroyable. Sur cette fameuse place en amphitéâtre, tout le monde vit et à toute heure du jour et de la nuit. Et on y reste scotchés ! L’architecture est tellement incroyable et tous ces gens qui passent, repassent, s’asseyent, discutent !

Après il y a Lucca. Lucca, c’était notre première ville. C’est là qu’on s’est offert notre premier petit déj’ italien : cappuccino et cornetto. Et ça c’est terrible ! La ville est superbe aussi : beaucoup de choses à voir, de belles ruelles où flâner, des remparts sur lesquels se promener, un rythme assez tranquille pour une ville italienne, vraiment bien !

Et puis il y a Campiglia Marittima. Vous ne connaissez pas ? C’est tout petit et on n’en parle pas beaucoup dans les guides touristiques, mais c’est un vrai petit village médiéval italien : les deux, trois cafés donnent sur une petite place où tous les Italiens se retrouvent le soir, où les vieux discutent sur des bancs, où tout le monde s’interpelle. Une ambiance fantastique… Et pour couronner le tout, une petite trattoria (I quattro gatto) bourrée à craquer tous les soirs où ils servent les meilleurs spaghetti vongole du monde !

Et puis quand vous en avez marre de vous promener dans toutes ces villes et villages qui ne connaissent pas le concept d’horizontalité, voici un petit endroit charmant où se relaxer les mollets. C’est à proximité de Piombino, une ville qui n’est franchement pas terrible, mais connue parce que c’est de là que partent les ferrys pour l’île d’Elbe et la Sardaigne. Il faut prendre la petite route en lacets qui mène à Populonia (très jolie route d’ailleurs). À un moment, sur votre gauche, un peu avant Populonia, il va y avoir un espace assez vaste où il est possible de garer sa voiture. Même si vous n’avez pas une voiture surbaissée, faites attention, c’est bourré d’ornières et de cailloux. Là, il ne vous reste plus qu’à suivre un sentier un peu rocailleux qui vous conduit jusqu’à la mer (il faut marcher plus ou moins 20 minutes). Paysage verdoyant derrière et devant le grand bleu ! Magnifique !

 

B. Log et Dominique Sigaud août 9, 2007

Classé dans : Aventures sur papier — B. Log @ 2:53

Ok. C’est vrai, je devrais plutôt vous parler de CD et de DVD. Au lieu de cela, je cause “bouquins”.

Mais là, ça fait un bail que ça me démange. Il fallait absolument que je parle de Dominique Sigaud à quelqu’un. Surtout de “The Dark Side of the Moon” et “De chape et de plomb”.

À vrai dire, j’ai lu trois livres de Dominique Sigaud : les deux déjà cités et un troisième “Blue Moon”. Celui-là, je n’ai pas vraiment aimé : elle se lance dans une histoire sur le couloir de la mort, le meurtre d’une Blanche par un Noir, l’enfance difficile, le racisme - forcément - e tutti quanti et elle s’embourbe pas mal. Ou plutôt non, c’est le contraire, elle ne va jamais au fond des choses, elle les survole et, du coup, traite de façon relativement banale de sujets dont on parle beaucoup et toujours de la même façon.

Donc “Blue Moon”, bof, bof.

Par contre, “The Dark Side of the Moon” m’a retournée. C’est lui qui m’a fait découvrir cette auteure, qui a d’abord été journaliste. Le livre a été choisi un peu par hasard. Il était édité par Actes Sud et j’ai une tendance indécrottable à me précipiter sur tout ce qui est édité par cette maison d’édition - je vous parlerai une autre fois de quelques autres merveilles que j’ai découvertes chez eux.

Ce livre ne parle évidemment pas des Pink Floyd. Vraiment rien à voir. L’”héroïne”, si on peut l’appeler comme ça, est journaliste dans un pays d’Amérique du Sud. Au début de l’histoire, elle est, en voiture, sur le chemin de sa maison, après avoir rencontré un homme qui a subi la torture sous le régime qui gouverne toujours le pays. Elle est arrêtée par des militaires et emmenée dans un endroit où elle sait bien qu’elle subira la même chose que ce qui vient de lui être raconté…

Et là commence une épopée intérieure. On vit tout ce qui se passe dans la tête et dans le coeur de la journaliste : les peurs, les révoltes, les dégoûts, l’abattement…

Difficile d’en dire plus. Dit comme cela, on dirait un livre d’une banalité effarante comme on en a déjà fait trois millions sur la torture et la souffrance. Et bien non, c’est un livre très dur - forcément - mais peu de choses sont racontées hormis son cheminement intérieur et celui de ses tortionnaires. Et ce cheminement intérieur est décrit de manière époustouflante. On passe par tant d’étapes, par tant d’émotions et de réflexions. Impossible de sortir intact(e) de ce livre…

L’autre livre “De chape et de plomb” est d’une toute autre veine : c’est un policier.

Sous cette forme, elle décrit en fait le duel entre un psychanalyste dont la femme s’est suicidée et l’inspecteur en charge de l’affaire. Tous deux sont désillusionnés, un peu déçus de la vie. Ils n’en attendent, n’en espèrent plus grand chose. Des monologues intérieurs nous permettent de faire “plus ample connaissance” avec les protagonistes. Ce qui enrichit évidemment de manière considérable le “duel”.

Un roman gris avec quelques belles explosions rouges qui, à partir d’une histoire policière presque banale, explore quelques versants de notre société contemporaine. Le bilan est rude.

 

B. Log et Calamity Jane août 7, 2007

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 2:24

J’avais lu un article élogieux de Lisa (médiathécaire de choc à Woluwe-St-Pierre) à propos de l’album “La Ballade de Calamity Jane” (Cloé Mons, Alain Bashung & Rodolphe Burger) et ça m’avait mis l’eau à la bouche.

Les mois sont passés - ben oui la chronique date du mois de mai - et j’ai enfin écouté l’album.

Effectivement, le disque est fantastique. En fait, ce sont surtout les textes qui m’ont émue. Au fil de la lecture des lettres de Calamity Jane à sa fille, c’est toute une vie qui se met à défiler. Impossible de ne pas être touché par le ton simple mais on ne peut plus sincère des lettres. Calamity Jane s’y livre totalement. Elle raconte ses angoisses, ses peurs, ses regrets. Elle se raconte vieillissante.

C’est une époque aussi qui surgit avec le quotidien âpre et difficile que décrivent les lettres. Elle relate notamment ses recherches pour avoir du travail, les différents jobs qu’elle décroche, les longues chevauchées…

Les descriptions sont éloquentes, si bien que le nom de “film musical” va comme un gant à cet album.

Les plages musicales assurent des transitions en douceur et dans une belle continuité avec les passages lus. Dès leur écoute, la ressemblance avec la B.O. du film Dead Man saute aux yeux. C’est la même ambiance, calme et empreinte de solitude.

Un album à écouter et réécouter.

En allant par ici, vous pourrez lire la chronique de Lisa.

 

B. Log au pays des merveilles (2ème) août 7, 2007

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 2:05

Mais il n’y a pas qu’en musiques du monde que j’ai découvert des bonnes choses (voir ci-dessous). En rock aussi, quelques CD m’ont drôlement interpellée.

Tout d’abord, le dernier album des Editors : “An End Has a Star”. Bizarrement, ce n’est pas vraiment un style sur lequel je flashe habituellement. Mais là, c’est vraiment très réussi. Une ambiance qui rappelle un peu les années 80, la voix est vraiment envoûtante, les arrangements sont impeccables. Un album qui fait mouche dès la première chanson.

Un autre album, dans une tout autre veine, m’a particulièrement plu : “Phantom Punch” de Sondre Lerche and the Faces Down. Ils font un pop/rock assez léger, joyeux, sautillant. Bon, il faut être honnête : ce n’est pas le CD qui a révolutionné ma vie, on ne peut pas dire qu’il soit totalement renversant. Mais il se laisse écouter sans aucun problème et titille très agréablement les oreilles.

Pour finir, je donnerai une mention spécial à l’album intitulé “Sologne” de Loney, Dear. Assez étrangement aussi puisque, a priori, je ne suis pas spécialement non plus une inconditionnelle des singer songwriter. Mais là, c’est sûr, quelque chose se passe avec cette pop distillée, toute en touches délicates.

 

B. Log au pays des merveilles juillet 26, 2007

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 3:38

Ces deux dernières semaines, je suis tombée sur quelques très, très bons CD catégorisés “musiques du monde”.

Il y a d’abord 2 CD turcs : Dery Turkan “Minstrel’s Era” et Ugur Isik “Cello Unveils Anatolian Spirit”. Ces deux albums sont sortis sur le label Kalan, un tout tout bon label qui a déjà révélé quelques perles et qui commence tout juste à être distribué en Belgique.

Le premier album, qui a ma préférence, navigue judicieusement entre musique traditionnelle et moderne. Il est très oriental avec de belles envolées que la contrebasse, seul instrument occidental, épouse à merveille. Mention spéciale donc à Renaud Garcia Fons - le contrebassiste. Mais le “héros” de l’histoire reste le kamanche (de multiples orthographes existent pour cet instrument : kemantche, kamantcha…), une vièle à la caisse de résonance sphérique. Un très bel instrument aux sonorités superbes.

Le second album met le violoncelle au premier plan. Cet instrument typiquement occidental est détourné de ses racines pour interpréter des chants asik (les asik sont des troubadours itinérants) d’Anatolie. À nouveau, c’est très bien fait. Le violoncelliste Ugur Isik a une solide réputation de musicien atypique et c’est évident qu’il sait y faire. Le seul bémol est que, malgré toutes ses qualités, ce CD ne m’a pas transportée, émue comme l’avait fait le premier…

Toujours dans la veine orientale, j’ai découvert deux chanteuses formidables.

Toutes deux ont enregistré un album qui est sorti sur le magnifique label “Institut du monde arabe”.

Karima Skalli est une chanteuse marocaine. Son album est sorti dans la série Moucharabieh du label. Accompagnée d’un orchestre, elle chante la tradition de superbe manière.

La seconde chanteuse, Rayssa FatimaTabaamrant, est marocaine également. Sur son disque intitulé : “Taghlaghalt ou l’écho de l’atlas”, elle interprète la tradition et la poésie berbère accompagnée d’une vièle, d’un luth, de percussions et d’un coeur. Sur cet album, la musique est plus rude, moins ornementée, c’est un style des villages alors que le premier CD développe plutôt la sophistication, l’ornementation, le faste des villes.