Les Aventures de B. Log

Just another WordPress.com weblog

B. Log et Loney, Dear mai 23, 2008

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 3:50

Vous connaissez le proverbe : “au mois de mai, fais ce qu’il te plaît mais va au Nuits Bota” ?
Moi, je ne rigole pas avec les proverbes : j’obéis.
Finalement, je n’y serai allée que pour voir un seul groupe : Loney, Dear. L’album “Loney, Noir” m’avait vraiment beaucoup plu. J’en avais d’ailleurs parlé dans ce blog. Je m’étais donc dit qu’il fallait que je complète la découverte.
Première surprise à leur apparition sur scène : ou bien je me suis emmêlé les pinceaux entre des photos et des noms ou bien je m’étais fait une photo dans ma tête, mais il n’avait pas du tout le look auquel je m’attendais. Avec sa voix qui file avec aisance vers les aigus, je m’attendais à quelqu’un d’un peu fluet – genre poétique, maigrichon (mais je n’ai rien contre les maigrichons, ni contre les poètes). Et bien non ! Pas du tout.
On aurait plutôt dit un bûcheron qui débarque de sa forêt canadienne (je n’ai rien non plus contre les bûcherons qui débarquent de leur forêt canadienne) : bien bâti (comme dirait ma grand-mère), avec une belle chemise du même pays que les forêts (canadienne) et un figure ronde et joviale. C’était plutôt inattendu.
Mais bien évidemment, ils n’attendent pas que je sois remise de mes émotions pour commencer à jouer.
Oscillant entre bonne humeur joyeuse, naïve et contagieuse et douce mélancolie où on aime se lover certains soirs, les morceaux s’enchaînent. C’est qu’ils manoeuvrent très bien, les chansons sont très bien jouées, on se laisse prendre au jeu… C’est plus enlevé, plus dansant que l’album “Loney, Noir”. Beaucoup de gens dansent, il y en a même un qui est fou d’amour (si, si, ça se voit).

En même temps, j’ai toujours l’impression qu’ils sont à la limite de tomber dans le noeud-noeud (si, si ça s’écrit comme ça, même que je l’ai trouvé dans le dico), dans une joyeuseté un peu trop benête.
Mais je crois que je trouve ça plutôt chouette, ce jeu d’équilibriste.

Un concert bien sympa. Dommage qu’il pleuvait des cordes et qu’on n’a pas pu aller s’assoir sur les marches du Bota pour en discuter, de ça et d’autres choses en écoutant le concert qui se terminait sous le chapiteau.

 

B. Log et Portishead mai 23, 2008

Classé dans : Aventures sonores — B. Log @ 3:20

Ben oui, mille excuses pour ces 6 mois d’absence. On ne va pas tourner autour du pot : c’était la folie ! Trop de travail, de trucs à faire, indescriptible…

Et là, tout doucement, je redécouvre le monde, et même, je vais à des concerts !

Pour celui-ci, j’ai hésité une demi-seconde : dans la balance, d’un côté, Portishead, dont les morceaux ont ponctué quelques grands moments de ma vie (je ne vous dirai pas déjà lesquels, on ne se connaît pas encore assez), de l’autre, Forest National que je déteste, que je hais. L’acoustique est immonde, la salle est glaciale, c’est de la grosse usine culturelle, bref, je m’étais juré de ne plus jamais, jamais, jamais y mettre les pieds !

Heureusement pour moi, le positif l’a emporté et je n’ai pas pu résister à l’envie de revoir Portishead en concert. Oui, oui, revoir. Je les avais vu au Pukkelpop à l’époque (c’était il y a très, très longtemps) et j’en garde un souvenir de rêve éveillé.

Il faut dire qu’ils étaient les derniers à passer d’une très, très longue journée… Très belle mais très longue. Un peu fourbue, je m’étais trouvé une place près de la table de l’ingénieur du son. Pendant tout le temps du concert, je suis restée scotchée à cette incroyable chanteuse qui fumait clopes sur clopes (rien qu’à la voir, j’attrapais la voix de Tom Waits) et dont la voix passait bien au-delà de nous, rendant muette toute la plaine du Pukkelpop. Impressionnante, dégageant une forte impression de solitude, superbe dans cette solitude, elle chantait accompagnée majestueusement par les autres instruments. Et cette basse qui, inlassablement, égrenait ses notes, imperturbable avec un son d’une rondeur et d’une lourdeur…
Un rêve éveillé je vous disais.

À Forest, j’étais un peu plus présente. Quoique.
Le premier groupe avait bien failli me faire fuir. Kling Klang : le nom dudit groupe. Pour les qualificatifs, on a hésité entre rock psyché et rock progressif sans progression. Franchement, ce n’était pas terrible… Et je suis gentille…
Et finalement, ils sont arrivés. Et Beth Gibbons ne fumait pas… Alternant habilement anciens et nouveaux morceaux (que je ne connaissais pas : je voulais découvrir l’album après le concert), je me suis sentie happée. Les nouveaux morceaux plus noise, plus nerveux faisaient la part belle à la guitare, à la batterie et aux percussions. Les anciens, plus lents, laissaient toute liberté à la voix et à la basse. Un bel équilibre.
Et toujours cette impression de solitude dégagée par Beth. Voûté, complètement repliée sur son micro, entièrement à son chant, elle est monumentale.
Pffff… Quel concert !
D’aucuns diront qu’il fut trop court (une heure). C’est vrai que j’aurais pu encore rester des heures à les écouter. En même temps quelle densité !

Le retour à la réalité fut difficile. C’est que j’aurais bien élu domicile dans leur univers…