Une fois n’est pas coutume, hier soir, j’ai regardé le journal télévisé de la RTBF.
À la fin de l’émission, saison des festivals oblige, on retrouve Bruno Clément en direct de Werchter.
Le grand débat du festival, dixit la RTBF, c’est le prix du billet : 165 € pour les 3 jours. Mais après tout, dit Bruno Clément, aller voir un seul des artistes programmés coûte en moyenne 30 à 40 €. Etant donné que l’affiche compte pas moins de 60 groupes, finalement tout va bien, en allant à Werchter on RENTABILISE, on fait même des sacrés économies… Soit.
Pour expliquer cette hausse du prix du billet, Bruno Clément explique que les artistes demandent de plus en plus cher pour jouer à des festivals comme Werchter. Méchants artistes ! C’est pas gentil du tout ça ! Il fait état d’une augmentation de 500 %. Impressionnant, non ?
Bon, je sais bien, que pendant un journal télévisé d’une demi-heure, on n’a pas l’occasion de traiter de tout à fond. Mais quand même. Dire que ce sont les artistes qui demandent de plus en plus cher, c’est très très réducteur, non ? C’est faire l’impasse sur toute une problématique qui avait secoué le milieu des concerts, il y a quelques années quand Clear Channel avait débarqué sur le continent européen et plus particulièrement dans notre petit pays. À l’époque, beaucoup avaient pesté sur le fait que cette situation était quasiment monopolistique et que, en conséquence, le prix des billets de concert avait augmenté de manière exponentielle. On avait parlé que des petites salles, comme la Soundstation à Liège, qui refusaient de traiter avec le géant américain rencontrait de grandes difficultés…
La situation n’a pas changé d’un poil depuis lors. D’ailleurs, qui organise le Festival de Werchter ? Je vous le donne en mille : Live Nation… qui est une spin-off de Clear Channel.
Alors dire que le prix du billet c’est la faute aux artistes , bof, bof.
Par rapport à Clear Channel et Live Nation, il devient d’ailleurs de plus en plus difficile, voire impossible de passer outre dès que l’on souhaite programmer des artistes “populaires”, ce qui est un réel casse-tête pour les organisateurs en résistance.
D’autant plus que les méthodes de la multinationale sont plutôt de l’ordre du bras de fer que de la marelle…
Même si ça peut paraître un peu bêbête de le rappeler, il s’agit bien ici d’entreprises commerciales dont le but est donc de se faire un maximum de fric. Il faut bien se rendre compte que tout est pris en compte à l’aune du dollar (ou de l’euro), que la qualité artistique est tout à fait subsidiaire…
Werchter, pour ne citer que ce festival, est donc bien plus une affaire de gros sous… qu’une affaire musicale.
se basant en plus sur pas mals de bénévoles. Mets-toi à la place des artistes. Il est parfois difficile de refuser une proposition 3 à 4 fois supérieure aux autres dans un mileu où la galère est souvent de rigueur
Ne me faites pas le coup du “il est difficile de refuser”…
Aujourd’hui, les concert représentent la première entrée d’argent des musiciens. Oui, c’est un vrai métier et un métier dur qui plus est, mais quand je vois les “grandes stars” qui donnent à tout casser 3 concerts par an à des tarifs tout à fait prohibitifs, ça me débècte ! Qu’on ne vienne pas me dire qu’il leur est “difficile” de refuser certaines sommes. Il leur est difficile de revoir leur train de vie à la baisse, oui !
Je sais que cette catégorie de musiciens représente peut-être 1% des musiciens (semi)professionnels, mais ce n’est certainement pas aux “petits” groupes que l’on fait des ponts d’or pour donner des concerts.