Les Aventures de B. Log

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B. Log patchworke (2) janvier 5, 2009

Deux, trois petites choses dénichées de ci, de là au cours de ces dernières semaines :

- Renata Rosa : “Manto Dos Sonhos”
Deuxième album de cette Brésilienne à la Médiathèque.
Voici une chanteuse et musicienne, elle joue du rabeca – un type de violon, qui fait les choses avec justesse et simplicité. Avec sa voix claire et joyeuse, ses chansons inspirées du forro, des repentistas et du maracatu sont autant d’invitations à la danse.
Sans chichis, elle nous livre des plages au son rugueux – quelques percussions, l’un ou l’autre violon, une guitare de temps en temps et le chant – qui débordent de joie de vivre.
- Abdel Hali Halo and the El Gusto Orchestra of Algiers
Le chaabi dans tout son éclat. Voici ressuscité un orchestre des années 50. Et ça donne !
31 musiciens qui s’en donnent à coeur joie pour faire revivre un style petit à petit tombé en désuétude. Les morceaux s’étirent et s’étirent, se perdent dans les méandres des mélodies et en reviennent toujours au refrain repris en choeur.
On retiendra tout particulièrement l’interprétation du désormais classique : “Min yaati kalbou lil melah”.
Beaucoup d’entrain, de joie et de pathos pour cet album paru sur le label “Honest Jones”.

Lire aussi la chronique de Benoit Deuxant.

- Mathieu Boogaerts : “I Love you”
Très axé batterie, ce qui en fait un album relativement rock.
Mathieu Bogaerts nous sert des petites ritournelles aux paroles souvent répétitives, en anglais et en français, qui jouent sur les mots. C’est dansant, c’est sautillant. Il ose même faire semblant de nous faire croire que ça n’a l’air de rien !

- “Music of Cyprus”
Un album étonnant proposé par le très bon label turc Kalan.
Il dévoile un panel très diversifié de la musique chypriote, à la fois grecque et turque : chansons de mariages, musique sacrée, chant sufi, danses, musiques populaires…

- Mamadou Diabaté : “Douga Mansa”
Héritier d’une longue tradition de musiciens joueurs de kora, cousin de Toumani Diabaté, Mamadou Diabaté n’en est pas à son coup d’essai : il signe ici son sixième album solo.
Un très beau disque sans surprises, fidèle à la tradition. Le jeu est magnifique, d’une grande maîtrise.

- “We Own the Night”, James Gray
Bobby (Joaquin Phoenix) est gérant d’une boîte de nuit appartenant à la mafia russe mais son père et son frère sont des policiers. Impossible de rester entre deux chaises, impossible à un moment de ne pas choisir son camp.
Ce film qui commence comme un presque banal film policier prend tout son temps pour disséquer la personnalité de Bobby et ses évolutions. L’obligation de faire un choix, l’arrogance qui rencontre la peur, la colère, la honte; l’insousciance crâneuse qui se fait prise de conscience et puis prise de responsabilité. L’attitude, hautaine quasiment adolescente, de rejet de la famille et de ses valeurs pour une vie aisée, facile. Et le revirement total, brutal qui se fait dans la violence, la trahison, le désespoir. Et puis, finalement, l’apaisement, l’accord, douloureux, sur fond d’échec, avec soi-même envers et contre tout.
L’histoire n’a rien d’exceptionnel, c’est un film policier malgré tout, de facture assez classique.
Mais l’histoire, l’action n’est quasiment plus qu’un prétexte tant l’évolution du personnage de Bobby est si minutieuse, si ciselée et si magnifiquement interprétée.

 

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