Les commentaires plus que positifs que j’avais pu lire çà et là sur le dernier album de Femi Kuti “Day by Day” m’avaient finalement convaincue de passer une oreille distraite sur le disque. J’avais été heureusement surprise (comme quoi, les chroniques de disques ça a du bon parfois !). D’autant plus que je ne suis pas spécialement fan de Femi Kuti.
Je l’ai toujours trouvé mélodique parfois même un peu sirupeux. Il est vrai que face à son père, Fela, et depuis peu, son frère, Seun, adeptes d’un afrobeat pur et dur, il est facile de le considérer comme un peu doux, un peu mou.
Et si, à mon sens, il y a bien une approche qu’il mérite qu’on lui accorde, c’est de l’écouter sans avoir sans cesse en tête les grooves percutants de l’afrobeat.
De ma première écoute rapide, je garde une bonne impression et je me promets de réécouter l’album de manière plus attentive…
Comme d’habitude, les semaines passent, d’autres choses arrivent et le projet est différé.
Mais je tiens bon et me revoilà en train d’écouter le dernier album de Femi Kuti. Et quelle est ma surprise de réaliser que la plupart des refrains résonnent familièrement à mes oreilles. Jolie performance n’est-ce pas pour un album que je n’avais écouté que du bout des oreilles.
L’attention éveillée, je me retrouve en train de naviguer entre toutes sortes d’eaux différentes, parfois reggae, parfois un peu afrobeat, parfois chanson africaine, parfois ritournelle…
C’est qu’il sait y faire, Femi : il manie ces genres avec beaucoup d’aisance, il balance des choeurs remarquables, des ensembles de cuivres époustouflants – comme Seun et Fela le font si bien : ces thèmes courts répétés à plusieurs reprises avec un bel ensemble -, de l’orgue, guitare, basse… Il fait également preuve d’une belle maîtrise de la voix.
Il y a ce morceau “Day by Day”, très court : même pas 3 minutes, qui sonne comme une comptine pour enfant avec ce refrain qui revient encore et encore : “Day by day by night by night, we work and pray for peace to reign”. Ce côté enfantin répété inlassablement et varié tant et plus met en avant toute la détermination, l’espoir, l’énergie que Femi insuffle dans son combat pour l’amélioration de la condition africaine. Assez paradoxalement, alors que Fela et Seun assènent leur colère et leur engagement, cette ritournelle douce, simple, répétitive, chantée en choeur exprime les mêmes revendications avec autant de force.
Juste après vient une plage intitulée “Demo Crazy”, beaucoup plus rapide, nerveuse, dansante mais où le côté revendicateur est toujours bien présent : “Demo Crazy makes us crazy”…
Aucun doute à avoir, c’est bien Femi qui brandit le poing fermé sur de nombreuses photos et il le brandit encore dans chacune de ses chansons.
Femi Kuti : “Day by Day”