Les Aventures de B. Log

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B. Log et Appaloosa avril 23, 2009

Classé dans : Aventures visuelles — B. Log @ 9:04
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Oui, oui, je sais, je sais : ça fait deux mois qu’il ne s’est rien passé sur ce blog.
Ben, peu d’excuses sinon les habituelles, qui si elles sont habituelles n’en sont pas moins véritables : vacances (un peu : une semaine), boulot, boulot (beaucoup) et tout le reste.
Bon, trêve de blabla : passons aux choses sérieuses.

Parmi les dizaines de choses intéressantes que j’ai lues, vues, entendues dernièrement et dont je vous parlerai peut-être plus tard, il y a eu “Appaloosa”.
Pour ceux qui ne voient vraiment pas de quoi je parle, il s’agit d’un western (à mon sens, c’est un peu plus que ça, mais je vous raconterai pourquoi plus tard) réalisé par Ed Harris avec Ed Harris, Viggo Mortensen et Renée Zellweger.
Le film débute vraiment comme… un western : avec des méchants qui font des trucs vraiment pas bien : ils terrorisent les gens et crachent sur le plancher des bars. Alors, les pauvres gens, désemparés, font appel à des preux chevaliers (oui, je sais les chevaliers, c’est pas la même époque, mais c’est une façon de parler…) sans peur et sans reproche mais avec des gros calibres pour les aider à les sortir de ce mauvais pas et à vivre heureux avec beaucoup d’enfants.
Très sincèrement, les dix premières minutes m’ont fait un peu peur, tout ça avait l’air on ne peut plus téléphoné.
Mais, petit à petit, le film a pris une autre dimension.
La relation d’amitié et de complémentarité entre le chérif (Ed Harris) et son assistant (Viggo Mortensen) est minutieusement décrite avec tous ces petits détails, ces automatismes, tous ces signes qui démontrent une amitié durable et profonde : à peine besoin de se parler, acceptation sans jugement, confiance absolue. Jusque dans les conversations avec les autres où, bien souvent, c’est l’assistant qui énonce le mot que le chérif ne trouve pas.
Voilà qui rajoute déjà un peu de consistance au ‘banal’ western.
Et puis arrive Allison French (Renée Zwelleger), jeune et séduisante veuve. Au final, c’est bien ce personnage-là que j’ai trouvé le plus intéressant du film. Je dis bien, au final, parce que, pendant la plus grosse partie du film, le personnage incarné par Renée Zwelleger, m’a horripilé au plus haut point. Ses mièvreries, ses sourires, ses jeux de séduction, ses manipulations… Elle m’était tout simplement insupportable. Le moindre de ses actes, la moindre de ses paroles me faisait grimper au plafond.
Petit à petit, pourtant, l’idée fait son chemin que tout ce qu’elle fait, elle le fait tout simplement pour sa survie, pour continuer à jouir d’une vie plus ou moins décente, plus ou moins confortable. Je m’explique…
Commençons par un détour : je vous ai déjà parlé sur ce blog (ici, pour être précise) du très beau disque de Cloé Mons, Rodolphe Burger et Alain Bashung qui a pour titre : “La Ballade de Calamity Jane”. Des extraits des lettres de Calamity Jane à sa fille y sont lus entrecoupés de passages instrumentaux superbes. Les lettres parlent de sa vie et de la difficulté d’être une femme émancipée à l’époque. Il faut bien dire que Calamity Jane était une des rares femmes indépendantes et qui s’assumaient totalement.

L’intérêt principal du film réside là à mon avis : il décrit à merveille la difficulté d’être une femme en ces temps-là.
Jeune veuve livrée à elle-même, il n’y a pas trente-six façons de garder une respectabilité : il faut se trouver un homme coûte que coûte. Surtout qu’il s’agit ici d’une femme cultivée qui provient d’un rang social élevé : elle est bien habillée, elle joue du piano, elle est très courtoise, elle a l’habitude des mondanités…
Ce n’est pas dit, mais on peut aisément imaginer que, pour elle, il ne reste que peu d’autres options que la prostitution ou la misère. Ceci jette une autre lumière sur tout ce qui est énervant chez Allison French : elle n’a pas le choix.
Et ce combat-là pour se trouver une vie décente, qu’elle mène de façon un peu désespérée, avec beaucoup de maladresses, de confusions, en accumulant les erreurs tellement il y a urgence, est vraiment poignant.

Finalement, “Appaloosa” est un film bien plus profond qu’un ’simple’ western. (Cela dit, je n’ai rien contre les western du tout.) L’attention portée aux personnages, leurs hésitations, leurs malaises, leurs doutes, leurs bourdes, en fait un film beaucoup plus dense qu’annoncé.

Sur le blog “Rue des Douradores”, lisez une autre analyse de ce film.