Petit tour d’horizon de films et de CD croqués sur le pouce, dégustés avec délectation, savourés lentement.
- Michaela Melián : “Los Angeles”
Un album électro agrémenté d’instruments comme le piano, le violoncelle, l’orgue ou le ukulele. Calme, musiques d’ambiances, presque des musiques de films. Le rythme fait son entrée tranquille autour de la sixième plage et à partir de là, c’est vraiment envoûtant.
- “Jindabyne” de Ray Lawrence
Un film à la belle photographie sur la difficulté des relations humaines et les incompréhensions mutuelles (mais tous les films ne parlent-ils pas, d’une manière ou d’une autre, de la difficulté des relations humaines ?). L’histoire en bref : dans une bourgade australienne, quatre hommes partent en week-end pour pêcher. Sur les lieux, ils trouvent le cadavre d’une jeune femme aborigène. Au lieu de se précipiter sur le chemin du retour, ils restent encore une journée à pêcher. De retour dans le village, cette attitude va faire scandale et être interprétée par certains comme du racisme… Gabriel Byrne y est magnifique, incarnant un garagiste fatigué.
Si vous avez aimé, foncez voir “Lantana” du même réalisateur mais plus abouti.
- “Michael Clayton” de Tony Gilroy : rien d’exceptionnel pour ce film. Une histoire d’avocats, de pauvres gens qui se dressent contre une multinationale hyper-puissante et richissime qui n’a d’autre intérêt que l’argent. Un scénario classique donc mais bien ficelé. Comme disait un journaliste par rapport au dernier Indiana Jones : “C’est comme la mousse au chocolat : sans suprise mais toujours délicieux”.
- “La Clef” de Guillaume Nicloux : dernier opus de sa série policière. J’avais vu “Cette femme-là” où Josiane Balasko interprète un commissaire de police avec qui la vie n’a pas été tendre du tout. Un film noir, noir, noir mais sensible avec une Josiane Balasko magistrale. Du coup, j’étais bien curieuse de voir “La Clef” avec une brochette d’acteurs français archi-connus : Thierry Lhermitte, Vanessa Paradis, Marie Gillain, Jean Rochefort, Josiane Balasko (toujours en commissaire)… La première partie est intéressante, Guillaume Canet et Marie Gillain campent parfaitement leur rôle de couple trentenaire installé.
Et puis, tous les autres personnages sont vraiment laids, sales, repoussants. Thierry Lhermitte en vieux, malade, affaibli, pas net vaut le détour.
Mais très vite, ça tombe dans le glauque (j’aime bien le glauque mais ici il fait artificiel, joué), dans une violence qui n’est pas indispensable. Et la dernière demi-heure, on se force un peu parce qu’on a envie de savoir la fin, mais on n’est plus du tout dans le film, on attend presque que ça passe. Dommage.
- “Eyhok. Traditional Music of Hakkari”
Sorti sur le label Kalan - un incontournable label turc -, c’est un double CD, très bien documenté sur la musique de la région d’Hakkari en Turquie. Cette région, située à l’extrême sud-est du pays près de l’Iran et de l’Irak, est habitée majoritairement par des Kurdes. Cette tradition musicale est en train de se perdre parce que les gens quittent leurs villages pour habiter dans des grandes villes et parce que les occasions se font plus rares de perpétuer cette tradition. Il s’agit principalement de chants a cappella, interprétés par des hommes seuls ou par des groupes d’hommes ou de femmes, lors de mariages ou d’autres cérémonies. Ces histoires épiques qui sont psalmodiées nous font pénétrer dans un univers qui est en train de disparaître. Très beau, très impressionnant.
Un album superbe !
- De toutes bonnes compilations sont sorties sur la musique des années 70 au Nigéria, Bénin et Togo. Baignées de rock, de funk, soul… les musiques se font afrobeat, afrofunk, afrojazz… Les basses sont ronflantes, les batteries survoltées, les guitares flirtent avec les pédales wah-wah, les cuivres sont complètement déchaînés : bref, qu’est-ce que ça groove !
“Nigeria Special: Modern Highlife, Afro-Sounds & Nigerian Blues”
“Nigeria Disco Funk Special”
“Nigeria Rock Special”
“Nigeria 70 - Lagos Jump”
“Analog Africa n°3 : African Scream Contest”