Les Aventures de B. Log

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B. Log patchworke août 19, 2008

Classé dans : Aventures sonores, Aventures visuelles — B. Log @ 3:26

Petit tour d’horizon de films et de CD croqués sur le pouce, dégustés avec délectation, savourés lentement.

- Michaela Melián : “Los Angeles”
Un album électro agrémenté d’instruments comme le piano, le violoncelle, l’orgue ou le ukulele. Calme, musiques d’ambiances, presque des musiques de films. Le rythme fait son entrée tranquille autour de la sixième plage et à partir de là, c’est vraiment envoûtant.

- “Jindabyne” de Ray Lawrence
Un film à la belle photographie sur la difficulté des relations humaines et les incompréhensions mutuelles (mais tous les films ne parlent-ils pas, d’une manière ou d’une autre, de la difficulté des relations humaines ?). L’histoire en bref : dans une bourgade australienne, quatre hommes partent en week-end pour pêcher. Sur les lieux, ils trouvent le cadavre d’une jeune femme aborigène. Au lieu de se précipiter sur le chemin du retour, ils restent encore une journée à pêcher. De retour dans le village, cette attitude va faire scandale et être interprétée par certains comme du racisme… Gabriel Byrne y est magnifique, incarnant un garagiste fatigué.
Si vous avez aimé, foncez voir “Lantana” du même réalisateur mais plus abouti.

- “Michael Clayton” de Tony Gilroy : rien d’exceptionnel pour ce film. Une histoire d’avocats, de pauvres gens qui se dressent contre une multinationale hyper-puissante et richissime qui n’a d’autre intérêt que l’argent. Un scénario classique donc mais bien ficelé. Comme disait un journaliste par rapport au dernier Indiana Jones : “C’est comme la mousse au chocolat : sans suprise mais toujours délicieux”.

- “La Clef” de Guillaume Nicloux : dernier opus de sa série policière. J’avais vu “Cette femme-là” où Josiane Balasko interprète un commissaire de police avec qui la vie n’a pas été tendre du tout. Un film noir, noir, noir mais sensible avec une Josiane Balasko magistrale. Du coup, j’étais bien curieuse de voir “La Clef” avec une brochette d’acteurs français archi-connus : Thierry Lhermitte, Vanessa Paradis, Marie Gillain, Jean Rochefort, Josiane Balasko (toujours en commissaire)… La première partie est intéressante, Guillaume Canet et Marie Gillain campent parfaitement leur rôle de couple trentenaire installé.
Et puis, tous les autres personnages sont vraiment laids, sales, repoussants. Thierry Lhermitte en vieux, malade, affaibli, pas net vaut le détour.
Mais très vite, ça tombe dans le glauque (j’aime bien le glauque mais ici il fait artificiel, joué), dans une violence qui n’est pas indispensable. Et la dernière demi-heure, on se force un peu parce qu’on a envie de savoir la fin, mais on n’est plus du tout dans le film, on attend presque que ça passe. Dommage.

- “Eyhok. Traditional Music of Hakkari”
Sorti sur le label Kalan - un incontournable label turc -, c’est un double CD, très bien documenté sur la musique de la région d’Hakkari en Turquie. Cette région, située à l’extrême sud-est du pays près de l’Iran et de l’Irak, est habitée majoritairement par des Kurdes. Cette tradition musicale est en train de se perdre parce que les gens quittent leurs villages pour habiter dans des grandes villes et parce que les occasions se font plus rares de perpétuer cette tradition. Il s’agit principalement de chants a cappella, interprétés par des hommes seuls ou par des groupes d’hommes ou de femmes, lors de mariages ou d’autres cérémonies. Ces histoires épiques qui sont psalmodiées nous font pénétrer dans un univers qui est en train de disparaître. Très beau, très impressionnant.
Un album superbe !

- De toutes bonnes compilations sont sorties sur la musique des années 70 au Nigéria, Bénin et Togo. Baignées de rock, de funk, soul… les musiques se font afrobeat, afrofunk, afrojazz… Les basses sont ronflantes, les batteries survoltées, les guitares flirtent avec les pédales wah-wah, les cuivres sont complètement déchaînés : bref, qu’est-ce que ça groove !

“Nigeria Special: Modern Highlife, Afro-Sounds & Nigerian Blues”
“Nigeria Disco Funk Special”
“Nigeria Rock Special”
“Nigeria 70 - Lagos Jump”
“Analog Africa n°3 : African Scream Contest”

 

B. Log et Loney, Dear, Nancy Huston et les autres octobre 5, 2007

Classé dans : Aventures sonores, Aventures sur papier, Aventures visuelles — B. Log @ 3:34

Petit tour d’horizon des petites choses magnifiques qui me sont tombées dans les mains ces derniers temps.

En musique, je cite en tout premier parce que j’ai vraiment, vraiment beaucoup aimé : l’album “Loney, Noir” de Loney, Dear. J’avais bien aimé son autre album “Sologne” - j’en ai parlé dans ce blog je crois. Du coup, j’ai emprunté un autre album : “Loney, Noir”. Je l’ai trouvé fantastique avec son côté mystérieux, beaucoup mieux que l’autre. Quelle ambiance étrange, sombre (ben oui!) et tout en légèreté en même temps !!

Un autre album plus que remarquable : Anthony Joseph & The Spasm Band “Leggo de Lion”. Un CD Spoken-word qui a eu le “titre” de CD du mois à la Médiathèque. Quel groove ! Quelle tension ! Et tout ça avec des instruments qui restent en retrait par rapport à la voix. Très bien !

En musiques du monde, il faut pointer le très beau double disque de Didier François avec d’une part Gilles Chabenat (“Dans l’oubli du sommeil”) et d’autre part Gabriel Yacoub (“Brand New World”). On n’en trouve pas beaucoup de ces albums qui installent une telle ambiance, exhalent une telle personnalité, développent de telles émotions. Un grand disque.

En cinéma, j’ai vu “La Méthode” de Marcelo Pineyro. En une phrase ? Une démonstration brillante, sans concessions, de ce que le monde du travail peut exiger, des extrêmes auquel il pousse…

En littérature, deux romans à pointer, tous deux chez Actes Sud (décidément) : un ouvrage assez court de Nancy Huston “Instrument des ténèbres” et “Derniers verres”, écrit par Andrew McGahan.

J’avais dévoré “Professeurs de désespoir” de Nancy Huston, un livre où elle s’en prend à ces écrivains nihilistes qui ont eu et ont tant de succès. Un grand bol de joie de vivre !

“Instruments des ténèbres” est en deux volets : d’une part, il y a les réflexions existentielles - mais sans la connotation péjorative du mot - de la narratrice qui est en fait en train d’écrire un livre, on chemine pas à pas avec elle au fil de ses pensées; d’autre part, il y a l’histoire qu’elle écrit, c’est-à-dire, l’histoire, qui se déroule au Moyen-Age, de la vie de deux jumeaux séparés à leur naissance. Au début, je n’accrochais pas vraiment, les propos de l’écrivain m’énervaient un peu… Je les lisais avec impatience pour arriver au récit des jumeaux qui est d’emblée très prenant. Mais finalement, c’est un très beau livre sur l’incommunicabilité et la complexité des relations familiales, sur ces événements douloureux qui nous tourmentent pendant de longues années et conditionnent nombre de nos actes.

Enfin, il y a ce livre australien paru dans la nouvelle collection d’Actes Sud “Actes Noirs”. Vous l’aurez compris, cette nouvelle collection se consacre à un genre: le roman policier. Ce qui a de chouette, c’est qu’ils nous arrivent des quatre coins du monde, ces romans. Et c’est donc à chaque fois, une société, une culture qui se dévoilent au fil d’une enquête policière en général prenante. Le roman dont il est ici question s’intitule : “Derniers verres”. L’enquête policière, mais parfois on a le sentiment qu’elle passe au second plan, se déroule sur fond de province corrompue, de politiciens qui s’en mettent plein les poches, de passivité totale de la population. En même temps, c’est toute la vie d’un journaliste alcoolique qui défile sous nos yeux. Il se retrouve, un peu malgré lui, au coeur d’une affaire qui le dépasse complètement et qui réveille en lui bien des fantômes, notamment celui de la bouteille. D’où regrets, remises en question, aveu d’échec, espoirs, remords… Au-delà de l’enquête policière, c’est surtout ce personnage qui m’a fait aimé le livre. Car, au final, il s’agit de bien plus qu’un roman policier - sans vouloir être négative par rapport au roman policier, c’est un genre que j’adore -, c’est une vie qui s’offre dans toute sa nudité, férocement, sans aucune concession, ni compassion et, forcément, qui nous renvoie à nous-mêmes et nous fait réfléchir.

 

B. Log et les hooligans juin 14, 2007

Classé dans : Aventures visuelles — B. Log @ 3:45

L’autre jour, j’ai regardé un film que Martin m’avait conseillé. Le nom de ce film était « Hooligans ». ça m’a fait penser à un film que j’ai vu il y a quelques années et qui s’intitulait : « Hooligans ». Y a pas à dire j’ai un don pour les comparaisons inattendues.

Je trouve quand même que c’était deux façons tout à fait différentes – voire même opposées - de traiter d’un même sujet. Le plus ancien, réalisé par Phillip Davis (VH5507), aborde le sujet via l’infiltration de 4 journalistes dans un groupe de hooligans ; le second, réalisé par Lexi Alexander – jeune réalisatrice allemande, c’est son premier film – s’introduit dans le milieu des hooligans via un jeune ex-étudiant américain et désoeuvré, incarné par Elijah Wood, le hobbit plus que larmoyant du « Seigneur des Anneaux ». Ceci dit, je trouve que Elijah Wood est tout aussi larmoyant et « pauvre petit être sans défense » dans ce film. Mais bon, on ne peut faire de deux cas une généralité et, comme je n’ai pas vu d’autre film avec Elijah Wood, je ne vais pas faire de conclusions définitives par rapport à cet acteur. Avis à vous : si vous connaissez un film où Elijah Wood ne donne pas l’impression d’être la fragilité incarnée, envoyez un mail à b.log.mediathecaire@gmail.com

Bon, je m’égare… Le premier film a un style assez proche de celui des films de Ken Loach et, en mettant en image la longue descente aux enfers d’un des journalistes, démontre sans chichis que n’importe qui pourrait un jour devenir hooligan.

Le deuxième film n’a pas cette rigueur, cette froideur, cette dureté. Bien évidemment, c’est un film dur, les scène de bagarres sont impitoyables. Mais il est plus édulcoré dans le sens où tout un tas de sentiments positifs sont présentés : amitié, loyauté, respect, confiance… Ce qui est assez dérangeant c’est qu’à la fin on se prend presque d’affection pour le chef de bande alors qu’il se complaît dans la violence autant que les autres. Même chose pour notre étudiant américain larmoyant pour qui cette expérience apparaît plutôt comme une bonne expérience de vie qui l’a endurci et préparé à affronter la vie telle qu’elle est. C’est un peu dérangeant pour un film qui prétend montrer l’horreur du hooliganisme. D’autant plus que la fin un peu mélodramatique (décidément, j’adore les euphémismes) n’a pas l’air d’avoir été écrite dans une intention « second degré », et là, ça me pose quand même un problème.

Bon, en résumé et parce qu’on ne va pas tourner trois heures autour du pot : s’il faut en choisir un, ce sera celui de Phillip Davis.

Pour ceux que ça intéresse, c’est ici pour le film de Philip Davis et ici pour celui de Lexi Alexander.

 

B. Log et les petits conseils d’Eva juin 14, 2007

Classé dans : Aventures visuelles — B. Log @ 3:18

Bon OK, je ne l’a pas encore vu. Mais d’après Eva, c’est vraiment un super bon film « Conversation(s) avec une femme » ça s’appelle. C’est basé sur la technique du split screen, vous savez comme « Time Code » par exemple. Bon c’est pas exactement la même technique : ici l’écran est divisé en deux mais c’est quasiment comme si c’était un. Mmmm… ça a l’air un peu compliqué mais Eva lui raconte : « par exemple, si une personne passe derrière le plan principal, on la verra passer d’une première moitié à l’autre moitié de l’écran ». Je vois le genre. C’est vrai que ça peut être pas mal. Il faudra qu’il l’emprunte un jour, c’est sûr.

Plus d’infos sur ce film ? Cliquez ici.